Les émotions sont un langage qui nous est demandé d’écouter plutôt que de combattre !

« Nos états émotionnels, quand ils sont ignorés, rejetés, refoulés, entrainent une dépression latente ou bien des situation de crise pouvant aller jusqu’à la maladie », affirme Katia Bougchiche dans son livre l’Éveil des Sorcières

La notion de maladie (mal-à-dit) se définit comme étant l’expression d’un conflit intérieur, d’un événement marquant voir traumatique et d’un conflit émotionnel non résolu. Le rôle majeur de la maladie est de nous arrêter en chemin, de nous forcer à écouter notre corps qui souffre et par cet arrêt d’apporter une ébauche de réponse à ce conflit intérieur.

C’est bien connu, les émotions font peur et sont mal acceptées dans notre société mais pourquoi est-ce si compliqué de se mettre face à son ressenti ?

Premièrement, notre éducation. Il est plutôt mal vu d’exprimer ses émotions qui souvent mettent dans l’inconfort. C’est pourquoi dans la vie courante nos émotions sont contrôlées et régulées. Les gens refoulent leurs larmes, feignent ou exagèrent leur joie, inhibent leur colère et masquent leur peur. Il y a également toutes nos croyances sur le ressenti : « Un garçon ne pleure pas », « Ce n’est pas bien de se mettre en colère », « Avoir peur est un signe de faiblesse », etc…
Nous avons aussi parfois appris dans notre enfance ou dans notre vie d’adulte (malgré nous) à nous couper d’un sentiment car il n’y avait personne pour nous accueillir, nous écouter ou il n’y avait pas de solution pour nous, alors, il valait mieux oublier, et se couper. Ces mécanismes acquis dans l’enfance peuvent continuer de se produire à l’âge adulte. On peut alors minimiser ses ressentis, voir complètement se couper de ceux-ci et ne plus rien ressentir.

Pour la plupart d’entre nous « gérer ses émotions » veut dire arriver enfin à les contrôler et surtout à ne plus les ressentir. Or c’est lorsqu’on réprime et qu’on nie ses émotions que celles-ci prennent le pouvoir et exercent un contrôle négatif sur nos vies. Les symptômes qui apparaissent au niveau du corps sont les derniers cris du système pour se faire apercevoir. Et en réponse à ce crie le plus souvent on essaye de faire taire le corps. Toutes les émotions que nous refoulons à l’intérieur de nous-même parce que nous ne pouvons pas ou ne voulons pas les verbaliser, peuvent se cristalliser dans différentes parties du corps ou se manifester à travers tel ou tel problème corporel. Aujourd’hui, beaucoup de thérapies visent à supprimer, annihiler, anéantir et régler une bonne fois pour toutes ses aléas et soubresauts émotionnels. Et pourtant les émotions ne surgissent pas dans nos vies sans raison. Chaque émotion a une fonction, une information utile à nous transmettre sur notre vécu.

Les émotions sont variées et semblent souvent complexes, néanmoins elles peuvent être classées selon 4 grands thèmes : la peur, la colère, la tristesse et la joie. Chacune de ces émotions occupe une fonction spécifique : à chaque émotion sa ressource !

La peur permet de prendre conscience d’un danger et d’adapter notre comportement en conséquence pour se protéger. La peur est souvent le fruit d’un conflit entre notre besoin de répondre à un critère personnel de réussite et le sentiment de ne pas se sentir à la hauteur. Une peur se respecte, il est utile de prendre des mesures appropriées pour nous protéger face à une peur, afin que celle-ci s’efface. Inversement, plus nous dissimulons nos peurs, plus elles grandissent. La peur indique aux autres que nous avons besoin de soutien. En cas de peur, notre besoin est d’être rassuré. La peur s’étend du simple sursaut à l’angoisse. Et si le fait d’être surpris par un bruit par exemple ne prête pas à conséquence, l’angoisse est une expérience plus douloureuse, qui s’inscrit parfois sur le long terme et qui demande à être traitée.

La colère sert à mobiliser notre énergie pour faire changer les choses ou les comportements (des autres, comme de nous-mêmes) qui ne nous conviennent pas. Elle est le langage indispensable à l’expression de notre vérité et de ce que nous ne sommes pas en mesure de tolérer, de supporter. La colère tire son origine de 3 sources principales que sont la frustration, l’intrusion dans notre territoire et l’entrave à notre liberté. La colère est une énergie très constructive pour prendre sa place et avancer en accord avec ses valeurs et ses limites. Si la colère est poussée à l’un de ses extrêmes elle s’exprimera alors par la rage. La rage est le langage de ceux qui ont peur de l’échec, dans la rage il y a l’idée d’une revanche à prendre sur la vie qui est vue comme injuste et qui demanderait de forcer le passage.

La tristesse exprime une profonde lassitude, une fatigue, une porte qui demande à être fermée, voir un deuil à faire sur une situation, une relation ou une manière de voir ou faire notre vie. La tristesse fait craquer cette armure pour que notre vérité émerge avec nos larmes. Les larmes lavent. Avant tout, elle aide à faire face au deuil, à apprivoiser l’absence (de quelqu’un ou de quelque chose qui nous manque). La tristesse nous permet aussi de nous mettre en contact avec d’autres, pour demander du réconfort. Mal vécue, elle peut amener à la déprime ou la dépression. Quand nous allons plus loin dans la dépression, c’est l’indice qu’on ne se sent plus bien dans sa vie. La dépression nous indique qu’une vision dans son ensemble demande une métamorphose : « Qu’est-ce qui dans ma vie me rebute et que je rejette totalement au point de passer à coté de moi ?»

La joie (pour apporter un peu de positivisme dans cet article, quand même) sert à partager avec les autres, à faire circuler un flux d’énergie et de vitalité. La joie couronne l’atteinte d’un but, la réussite de quelque chose. La joie est un moteur, grâce à elle nous osons, tout nous semble possible, dans le partage nous nous sentons exister. La joie est synonyme de bien-être et de plaisir. Naturellement, les émotions positives sont celles que nous recherchons et que nous exprimons le plus volontiers. Si les émotions positives sont agréables à savourer sur le moment, elles peuvent constituer une vraie force à plus long terme, il est donc important de bien gérer cette émotion en prenant le temps de la vivre en pleine conscience et de la partager avec autrui afin d’ancrer cette expérience positive en nous et libérer l’énergie nourricière qui lui est associée (ancrer cette émotion est surtout nécessaire en cas de coup mou, nous pourrons alors faire appel à elle pour se rebooster!)

La bonne gestion des émotions consiste donc à exprimer nos émotions au fur et à mesure de façon appropriée puisque lorsque nous nous efforçons d’ignorer nos émotions négatives, nous nous exposons à en subir les conséquences.

Mais alors comment faire ?

Il ne s’agit pas de poser un pansement sur une plaie béante mais au contraire de voir l’étendue et la profondeur de la plaie. Il faut pour cela identifier quelle émotion nous nous interdisons d’exprimer et dans quel cadre. Lorsque nous ressentons ces émotions, il est nécessaire de les accepter et de les vivre consciemment, de manière à pouvoir les évacuer. En la vivant en conscience comme étant ce qu’elle est et en cessant la lutte. Le but n’est pas de sortir de son état mais de le vivre dans l’acceptation, avec le plus d’amour, et de bienveillance possible. Nous avons alors la possibilité de regarder chacune des situations vécues comme un simple état de fait et une opportunité de changer son rapport à la vie.

Et non apprendre à se connaître. Apprendre à s’écouter. Apprendre à exprimer ses émotions n’est pas chose facile et nous ne sommes pas nés avec un mode d’emploi. Mais les émotions sont une richesse plus qu’une faiblesse et nous devons apprendre à nous en servir. Comme toujours nous devons apprendre à être bienveillant avec nous-même. Nous sommes humains. Nous ne sommes pas des machines. Nous avons le droit d’être en colère. D’être triste. Il est normal de pleurer. Ou d’avoir peur. Mais avant tout, s’autoriser à ressentir c’est s’autoriser à vivre (ça c’est la phrase la plus importante de l’article, notez là, imprimez là, prenez là en photo, BREF ce que vous voulez mais RETENEZ-LA!!!)


Voici un petit guide permettant de décrypter ses émotions et de s’en servir positivement :

1) Poser clairement ce qui se passe permet d’atténuer l’intensité émotionnelle : « qu’est-ce qui se passe ? qu’est-ce que je ressens vraiment ?Quelles sont les circonstances ou les évènements qui me déclenchent cette émotion ? »

2) Attribuer un sens ou un message à l’émotion qui s’est exprimée afin de pouvoir l’apprécier à sa juste valeur : « Qu’est-ce qui ne va pas dans ma façon d’agir ? Que dois-je changer dans ma vie pour aller mieux ? »

3) Choisir d’adopter de nouveaux comportements, trouver des solutions pour répondre au besoin mis à jour par l’émotion : « Qu’ai-je à exprimer pour ne plus rester accroché à ces émotions limitatives ? Quelles ressources issues de mon expérience puis-je utiliser pour faire face à cette émotion ? »

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