Un rapport sexuel sans consentement est un viol… Logique, non ? Du moins, cela devrait l’être.

Un rapport dans consentement est un viol, alors pourquoi seuls 8¹ pays européens sur les 31 soumis à l’analyse d’Amnesty International sont dotés de lois qui définissent le viol sur la base de l’absence de consentement. Les autres pays (dont la France), en revanche, caractérisent le viol par d’autres éléments, comme le recours à la violence, la menace, la contrainte ou la surprise.

Mais alors qu’en est-il des cas dans lesquels il n’y a pas eu de violence physique ? Qu’en est-il des cas dans lesquels la victime est restée tétanisée, paralysée non pas par la violence mais par la peur ? Qu’en est-il des cas dans lesquels la victime a été violée par un(e) ami(e), un(e) partenaire, un(e) ex, ou un membre de la famille ? Nous savons que cela arrive fréquemment (pour ne pas dire pratiquement tout le temps), alors pourquoi les lois actuelles n’en tiennent pas compte ?

Le nombre de viols au sein de l’UE est sidérant, on estimait en 2013² (je n’ai pas plus récent… les enquêtes ça prend du temps) :

  • 3,7 millions de femmes victimes de violences sexuelles au cours des 12 derniers mois (les chiffres sont difficiles à avoir chez les hommes, le sujet étant très tabou)

Les lois guident les attitudes et les comportements. C’est pourquoi il est crucial de reconnaître clairement, en droit, qu’un rapport sexuel non consenti est un viol.


En matière de rapports sexuels, le consentement est primordial. C’est une notion qui suscite diverses questions. Mais le consentement sexuel c’est quoi exactement ?

Le consentement sexuel doit être l’expression d’un choix libre et volontaire pour toutes les personnes concernées. Il est nécessaire de communiquer avec sa ou son (ou ses) partenaire(s) et s’assurer que tous les actes sexuels auxquels on se livre reposent sur un consentement mutuel (à chaque étape, oui oui, consentir pour un rapport vaginal ce n’est pas consentir pour un rapport anal par exemple!) Cela n’a rien d’embarrassant de poser la question et il ne faut pas continuer à moins que l’autre personne y consente.

La question ici n’est pas de savoir si la personne dit « non », mais plutôt de savoir si elle dit « oui ». Ne pas s’exprimer ou ne pas dire non ne signifie PAS donner son consentement. Une personne endormie ou inconsciente n’est pas en mesure de répondre DONC elle ne peut consentir à un quelconque acte sexuel.

En Europe, une grande partie des viols ne sont pas signalés.

Le viol est une forme de violence sexuelle qui peut avoir de profondes répercussions émotionnelles, physiques et psychologiques sur la victime. Malgré la gravité des faits, les viols sont rarement signalés, parce que la crainte de ne pas être crue, le manque de confiance à l’égard du système judiciaire et la peur de la stigmatisation empêchent de trop nombreuses victimes de dénoncer leur viol. Les idées reçues et les stéréotypes qui concernent le viol et le consentement sont dangereux et répandus, tant au sein du système judiciaire que de la société dans son ensemble.

Un sondage récent a révélé des opinions inquiétantes au sein de la population de l’UE :

  • Plus d’1 personne sur 4 estime qu’un rapport sexuel sans consentement peut se justifier dans certaines circonstances, notamment si la victime est sous l’emprise de l’alcool ou de la drogue, accepte d’être raccompagnée chez elle, porte des vêtements qui révèlent son corps, ne dit pas clairement « non » ou ne se défend pas ;
  • Plus d’1 personne sur 5 pense que les femmes signalent souvent de manière exagérée, voire abusive, des violences ou des viols.

Effrayant, non ? Surtout quand on sait que le (ou la) seul responsable d’un viol est son auteur.

Des avancés ont été faites, puisqu’en 2014 nous avons vu l’entrée en vigueur de la Convention d’Istanbul, qui nous dit que l’absence de consentement doit être au centre de toute définition juridique du viol et des autres formes de violences sexuelles.
Elle a été ratifiée par plusieurs³ États européens (dont la France), qui n’ont toutefois pas encore modifié, pour la majorité d’entre eux, leur définition juridique du viol.

Adopter des lois fondées sur le consentement n’empêchera pas la commission de viols mais c’est un pas important vers un changement de comportement et vers la justice. Comme je l’ai déjà dit précédemment : les lois guident les attitudes et les comportements, elles doivent donc reconnaître clairement qu’un rapport sexuel non consenti est un viol.

Ressources liées au consentement :

– Si vous souhaitez regarder une vidéo très bien illustrée du consentement je vous conseille la désormais célèbre vidéo utilisant la métaphore de la tasse de thé.

– Je vous invite à aller voir cette roue des 3 oui du consentement, très bien détaillée : https://www.bienetrealecole.ca/sites/default/files/rouedes3oui_0.pdf


1 : pays d’Europe à adopter une législation qui définit le viol sur la base de l’absence de consentement : le Royaume-Uni, l’Irlande, le Luxembourg, l’Allemagne, Chypre, la Belgique, l’Islande et la Suède.

2 : Selon une enquête réalisée au sein de l’Union européenne (enquête très intéressante mais très effrayante aussi) que vous pouvez consulter juste ici : https://fra.europa.eu/sites/default/files/fra-2014-vaw-survey-at-a-glance-oct14_fr.pdf

3 : Si vous désirez voir les État européens ayant ratifiés la Convention d’Istanbul : https://www.coe.int/fr/web/conventions/full-list/-/conventions/treaty/210/signatures

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